“On se sentait pousser des ailes à bicyclette”

       Week-end du 12 – 13 et 14 Septembre 2014

                                                                

     Chouette, déjà le week-end = synonyme d’aventures. Cette fois, retrouvailles avec mon amie Lola (plus la peine de la présenter!) Et bien oui, nous n’avons pas réussi à être dans la même ville mais au moins dans le même pays. Elle étudie à Aarhus, environ à 1h30 d’Aalborg. Autant dire que nous sommes voisines!!! Elle prend donc le train dès vendredi soir, accompagnée de son vélo et…. C’est parti pour un trip en bicyclettes!!

Vendredi 12 Septembre 2014: Lola arrive à la gare, retrouvailles émouvantes (comme d’habitude): nous ne nous étions pas vu depuis Juin!! Après avoir promis de se coucher tôt pour être en forme le lendemain matin… Nous atterrissons dans un bar où les bières ne sont qu’à 15 Kroners (comment résister?), rentrons à l’appart à 3h du mat’ et nous endormons toutes habillées sur mon lit!!

Samedi 13 Septembre 2014: le réveil sonne à 6h30, comme si de rien n’était, nous nous levons fraîches comme des gardons. Avant le départ, quelques demandes déséspérées de Couchsurfing. Heu oui, entre Lola et moi, niveau organisation, il n’y en a pas vraiment une pour rattraper l’autre, tout se fait donc au dernier moment. 2 boîtes de thon, 2 carottes, une bouteille d’eau et une pompe dans le sac et nous voilà prêtes pour notre grand voyage!! 2 heures après le départ, une nana de couchsurfing m’appelle et m’explique tout simplement qu’elle n’est pas chez elle le soir mais qu’elle nous laisse les clés sous le paillasson, plus qu’à faire comme chez nous. What??!!! Tu le crois ça?! Ca nous donne du courage pour continuer de pédaler. Les paysages ne sont pas vraiment intéressants, très plats, avec des champs, des animaux, des fermes, et des ventes de légumes. Ici, au Danemark, les gens vendent les frutis de leur jardin devant chez eux. La confiance est totale: à nous de mettre les sous dans une boîte et de piocher les fruits et légumes de notre choix. On ne résiste pas, et, en pensant être bientôt arrivées, achetons une citrouille…. Que je dois maintenant me trimbaler dans mon panier jusqu’à la fin de la journée….

     Mais un trip avec Lola, c’est toujours synonyme d’aventures. Par quoi commencer? Les arrêts manouches sur le bord de la route, sur un pont, assises par terre. Ben quoi?! C’est lunch time, on a faim! Un vol discret d’épis de maïs… Hummm, ça va etre parfait pour notre dîner ça… Mouais sauf que c’était du maïs pour les bovins… Plus de 4h de cuisson… Et ça goûte toujours la farine!!

     Puis on arrive à Lokken, petite station balnéaire charmante. Ce fut une ville très importante pour le commerce maritime avec la Norvège, aux XVIIIè et XIXè siècles: les autochtones exportaient des céréales et importaient du bois. Ici, le paysage est splendide: plage de sable blanc à perte de vue et falaises sauvages d’argile.

     Ensuite, les vraies aventures commencent. Nous nous perdons dans les dunes de Rubjerg Knude, l’objectif de la journée. Et ça monte, ça descend, ça s’enfonce, obligées de porter nos vélos sur les épaules à travers les buissons tranchants…. En haut de la dune, on aperçoit le sommet du phare… On se dit que c’est la prochaine dune… Aux creux des dunes, plus aucune visibilité… Ce n’était donc pas la prochaine.. Il faut continuer… Oh mon dieu, ça prend une tournure apocalyptique. Un avion passe même au-dessus de nous.. Faux espoir, il n’est pas là pour nous secourir… Le résultat? Presque deux heures à arpenter les dunes et deux roues à plat… Mais quel soulagement d’être arrivées! C’est l’une des plus belles falaises de la côte ouest du Jutland visiblement. Et pour cause! Elle domine la mer de 100 mètres. Sans cesse attaquée par les vagues, elle a reculé de près de 400 mètres en 200 ans. Le phare qui s’y dresse a cessé de fonctionner en 1965, après qu’une dune se fut élevée si haut devant lui que l’on ne pouvait plus le voir de la mer! Aujourd’hui, seul, il émerge encore du sable. Réel coup de coeur. Nous marchons jusqu’au sommet de la dune qui offre une vue splendide.

     La situation nous fait vite reprendre conscience de la réalité: DEUX pneux à plat. Comme dirait Lola, “on a de la chance, ce sont les deux roues de ton vélo, au moins on a toujours un vélo sur deux qui roule..” Positive attitude, j’ADORE. On profite donc de notre heureux malheur: je pédale avec le vélo de Lola pendant qu’elle s’assoit sur le porte bagage en poussant mon vélo. Je vous laisse imaginer la scène. Nous arrivons comme cela jusqu’à la prochaine “ville”, 6 km plus loin, où, par hasard, nous rencontrons un adorable bonhomme qui se dévoue pour réparer mon vélo. Ca ne se refuse pas… Et une heure plus tard… C’est reparti direction Hjerring où notre maison nous attend. La journée ne finie jamais: nous arrivons à notre refuge vers 21h… Après avoir pédalé au moins 6 heures… Fiouffff, quel plaisir de trouver la clée sous le paillasson et un endroit chaleureux pour cuisiner notre citrouille… Le marchand de sable ne tarde pas à passer…

Dimanche 14 Septembre 2014: révéil matinal, muscles douloureux, visage noirçi par la poussière et….. Roue arrière de nouveau à plat. Rum, quelle début de journée. La réparation n’était donc que temporaire. On ne se démotive pas, je remet de l’air dans le pneu et nous entamons notre longueeee et fatiguantee journée. Nous pédalons un autre 6 ou 7 heures pendant lesquelles je dois regonfler mon pneu toutes les 2 ou 3 heures… Rum… Avec le vent du nord en plein dans la face, nous faisons parfois du sur place et devenons littéralement sourdes.

     Anyway, nous atteignons toute de même Skagen en milieu d’après-midi: sa renommée date de l’époque où, vers la fin des années 1870, un groupe d’artistes danois, les peintres de Skagen, vinrent s’y installer. En l’espace de 40 ans, on construit les fameuses maisons basses du quartier de la plage, d’un jaune si particulier et aux corniches blanchies à la chaux, et l’adorable port avec ses conserveries de poisson en bois peintes en rouge. Certaines d’entre elles abritent leur petit restaurant, spot rêvé pour une pause, un café… Et une sieste… à même la table en bois, sous les regards incrédules de nos amis danois.

     Mais ce n’est pas terminé, nous prenons notre courage à deux mains, l’objectif absolu étant la merveilleuse Grenen, le bout du bout du Danemark, où la mer du Nord et la mer Baltique se rencontre. Ce n’est certes qu’à 2 km de Skagen, mais mon vélo crève de nouveau… Et nous devons finir à deux sur le vélo de Lola…. Au retour, rencontre de nouveau improbable, un groupe de gars débarassent leur voiture pour mettre mon vélo et me conduire à la gare… Nous montons donc dans le train (avec nos vélos!!) et admirons le paysage retour depuis notre siège. A peine 3 heures de train pour rentrer à Aalborg et 2 jours et 130 km (!!!) pour y pédaler…

ET ALORS??!!! Ca restera définitivement dans les mémoires de chacune. Merci pour ce trip 🙂

This slideshow requires JavaScript.

Bonus musique –> http://www.jukebox.fr/yves-montand/clip,la-bicyclette,505l8.html

One thought on ““On se sentait pousser des ailes à bicyclette”

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s