Saint Louis and its surroundings

Retour donc lundi soir, à temps pour un dîner/debriefing avec Antoine et Barbara. Je profite de tout le monde avant de redonner un départ mercredi matin, direction Saint-Louis et ses alentours.

So I come back on Monday night, on time for a delicious dinner/debriefing with Antoine and Barbara. I take time to enjoy everyone before leaving again on Wednesday morning towards Saint-Louis and its surroundings.


        Mercredi 14 Janvier 2015: départ de la gare routière de Dakar vers 10h du mat’ direction Saint-Louis. Je décide de vivre le Sénégal et me rends donc là-bas en taxi-brousse 7 places. Je vous laisse imaginer l’état de la voiture: plus de ceinture, plus de doublure intérieur, les rétros attachés avec des ficelles… Alors pas de ceinture certes, mais assise sur la banquette arrière avec deux big mamas black de part et d’autre, impossible de bouger, aussi bien calée que dans une boite de sardine. Un réel sketch pour faire rentrer nos trois derrières sur cette banquette arrière. Heureusement le ridicule ne tue pas. Après deux heures de route, le vingt et unième stop s’avère être plus long que les autres: le disque de frein s’est dessoudé de sa base. Ruuuummmm RASSURANT!! Nous sommes certes au milieu de rien mais heureusement au milieu de rien au Sénégal: une petite dizaine de coups de fil et une nouvelle plaquette de frein arrive par magie avec trois petits bricolos. En attendant, comme dis Antoine: “ah ben au moins, tu vis l’Afrique”, je reste assise sur un pneu pendant une bonne heure, à l’ombre d’un arbre avec mon équipe de big mamas qui me nourrit non stop. Arrivée à St-Louis en fin d’après-midi, juste avant la fermeture du syndicat d’initiative. Ouffff, il me trouve un guide passionnant pour une visite guidée de la ville.

En 1659, Saint-Louis devient le point de départ des expéditions coloniales vers l’intérieur du continent et du commerce vers l’Europe et l’Amérique et connaît alors une réelle période fructueuse. Mais en 1901, le siège de l’Afrique Occidentale Centrale est transféré à Dakar et Saint-Louis sombre doucement dans la léthargie. Du St-Louis de l’époque colonial, il reste de superbes bâtisses à moitié en ruine, de vastes entrepôts reconvertis ou non, des balcons en fer forgé qui menacent de s’effondrer et des façades aux tons chauds, plus ou moins ravalées. Le travail de restauration est colossal mais premier pas remarquable en 2 000, le classement de la ville au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le charme de ses ruelles est inaltérable et déambuler dans l’île au coucher du soleil est un spectacle saisissant. Y flâner constitue une inépuisable source de bien-être et d’inspiration.

Je reste complètement fascinée par le quartier des pêcheurs, jonché de longues pirogues multicolores. Plus de 20 000 personnes vivent ici sur 0,3 km² et, malgré les propositions de la mairie, refusent d’être relogées ailleurs ! N’ayant pas assez de place pour loger tous les membres de la famille dans les maisons, ils se relaient pour dormir : certains dorment la nuit, d’autre le jour !!! L’animation autour de la pêche est tout aussi époustouflante: la manière dont ils sèchent le poisson, puis le salent, le danger que représente partir en mer avec de telles embarcations…

Après deux heures de balade dans cette île magnifique, mon guide finit finalement par me proposer de m’héberger. J’accepte avec plaisir et passe une soirée mémorable. 3 générations vivent ensemble, ça grouille de mômes, de mamans, de femmes, frères, oncles… Les plus anciens ont le droit à une vraie chambre avec un lit (c’est le cas de mon guide), les autres dorment sur des nattes par terre. Le moment du dîner est impressionnant, trois énormes plats de riz dispatchés dans la salle commune, avec 6 ou 7 personnes assises autour de chaque plats. Le soir, nous nous réunissons sous la tante avec des amis pour boire le thé et débattre jusqu’à 2h du matin !! Sincèrement passionnant. Douche et pipi du soir folklo…        

       Wednesday, January 14, 2015: I leave Dakar on Wednesday morning around 10 am towards Saint-Louis. I decide to live the Senegal and so I get there by « taxi-bushes », 7 seats. I let you imagine the shape of the car : no more seat belts, no more inside covers, mirrors tighten with strings… So seat belts, yes, but being seat on the back seat with two black fat big-mamas surrounding me, impossible to move at all, as tight as in a can. Such a show to fit our three buts in those back seats. Luckily, ridicule does not kill. After 2 hours trip, the twenty first stop turns out to be longer than all the previous ones : the brake disc appears to be soldered to the base. Ruuuuuum DO NOT FREAK OUT !!! We are in the middle of nowhere, that is true, but luckily, in the middle of nowhere in Senegal : dozen of phone calls and a new brake pad magically appears with three handymen. Meanwhile, as Antoine tells me : « at least, YOU, you live Africa », Im seating on a tire for at least an hour, in the shade of a tree, with my big mamas feeding me non-stop. Arrival in Saint-Louis late evening, just before the tourist office closed. Fioufff, they find me a really interesting guide on time to have a tour of the city.

In 1659, Saint- Louis becomes the starting point for the colonial expeditions to the countryside and to the trade towards Europe and America and so it experiences a real fruitful period. But in 1901, the headquarters of the Western Central Africa is transferred to Dakar and Saint-Louis slowly falls into lethargy. Of St. Louis from the colonial era, it remains beautiful buildings half in ruins, vast warehouses converted or not, shaky iron balconies and warm colors facades, more or less renovated. The restoration is a huge work but first step in 2000: ranking the city as a UNESCO World Heritage Site. The charm of its streets is unalterable and to discover the island facing the sunset is a spectacular show. Walking around Saint-Louis is an inexhaustible source of well-being and inspiration.

I am completely fascinated by the fishermen fishing district, littered with long colorful canoes. More than 20 000 people are living there, on 0.3 km² and despite the proposals of the city, they refuse to be relocated elsewhere! As they do not have enough room to accommodate the whole family at once, they take turns to sleep: some sleep during the night, the others during the day!!! The animation around the whole fishing process is just as breathtaking: the way they dry the fish, then salted it, the danger of going fishing with such rudimentary canoes…

After two hours of walking through this beautiful island, my guide finally asks me to host me. I accept with a big YES. I think he is kinda surprised because white people are usually not that easy going. We spend a memorable evening. Three generations are leaving there together, it is crowded with kids, moms, women, brothers, uncles… The elderly get a proper room with a bed (it is the case of my guide), the other ones sleeping on mats on the floor. Dinner time is impressive and moving : three huge rice dishes are dispatched in the common room, with 6 or 7 people seating around each pots. Late evening is tea, gathering and debating time with friends in the tent until 2. Sincerely exciting. Shower and pee time truly rock & roll.

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       Jeudi 15 Janvier 2015 : c’est pratique d’être logée chez son guide : au petit matin, un taxi vient donc nous chercher directement et nous partons, Mama (une stagiaire au syndicat d’initiative), Moussa et moi au parc national du Djoudj, la troisième réserve ornithologique du monde : quelques 3 millions d’oiseaux migrateurs répartis en plus de 350 espèces. En effet, les oiseaux migrateurs s’y reposent après la longue traversée du Sahara, le Djoudj représentant le premier point d’eau accessible après l’immensité aride du désert. Armés de jumelles et d’un guide ornithologique, le spectacle est saisissant, surtout lorsque des centaines de pélicans claquent leurs becs en cœur. Après le coup de la panne de taxi la veille, aujourd’hui j’ai le droit à la panne de moteur de la pirogue. Obligé de ramer tant bien que mal jusqu’au rivage pour armer l’embarcation d’un « nouveau » moteur. Sur le chemin, détour intéressant par le barrage Diama. Juste en face, j’aperçois le territoire mauritanien !

Je décide ensuite de profiter des couleurs de l’après-midi et d’arpenter les rues de Saint-Louis. On ne peut pas toujours avoir la chance avec soit….. Et c’est comme cela que je suis amenée à faire une mauvaise rencontre et me faire dépouiller de tous mes sous. Me voilà donc dans les rues de Saint-Louis, sans passeport (laissé à Dakar), sans carte bleue (laissée à Dakar), sans hébergement, sans sous, et sans lumière (il est déjà 21h)…. Pourtant étonnamment, je suis très calme et relax… J’appelle mon sauveur Moussa (mon guide attitré), figure paternelle rassurante, qui arrive aussitôt à ma rescousse et me prend à 300% sous son aile jusqu’au lendemain. Leur rapport à l’argent est tellement différent qu’il me rassure beaucoup et me fait relativiser tout en étant sincèrement désolé pour moi. J’ai quand même de la chance dans ma malchance, et cette bonne étoile me protège du pire.

       Thursday, January 15, 2015: it is convenient to be housed at my guide’s: in the morning, a taxi directly picks us up there. Mama (an intern at the tourist office), Moussa and I leave to the Djoudj National Park, the third bird sanctuary in the world : some 3 millions birds divided into over 350 species. Indeed , migratory birds are resting there after the long journey across the Sahara, Djoudj being the first water source accessible after the arid vastness of the desert. Armed with binoculars and a bird guide, the show is stunning, especially when hundreds of pelicans are flapping their beaks together. After the breakdown of my taxi the day before, today, it is the turn of the canoe. Forced to row somehow to the shore to armed the boat with a “new” engine. On the way back, interesting visit of the Diama dam. Across the bridge, it is the Mauritanian territory !!

Then, I decide to enjoy the colors of the afternoon and pace St. Louis up and down. It is hard to ALWAYS be lucky and fortunate…. And that’s how I met the wrong people stilling all my money. So here I am, in the streets of St. Louis, alone, without a passport (left it in Dakar), without credit card (left it in Dakar), without accommodation, without money and no light (it is nearly 21h)…. Surprisingly, I am very calm and relaxed … I call my hero Moussa (my so-called guide), a secure father, who immediately comes rescuing me and taking care of me until the day after. The relation they have with money is so different (they do not have money anyway) that he makes me feel better and see things differently while being truly sorry for me. So I am still lucky in my misfortune, and have a lucky stars protecting me from the worst.

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        Vendredi 16 Janvier 2015 : vu que j’avais déjà payé la visite de la langue de Barbarie avant de me faire voler mes sous, nous passons au syndicat d’initiative à l’ouverture pour que Moussa récupère ma petite fortune représentant le budget de la visite et trouve un super compromis : grâce à ses connaissances et son réseau, il me propose d’en voir un peu moins et pour moins cher et d’ainsi économiser de quoi rentrer  à Dakar en transport public. Nous passons donc une merveilleuse matinée à la langue de Barbarie. Ce parc national est un ensemble de cordons dunaires, la langue elle-même mesurant environ 30 kms de long sur 150 à 400 m de large. Magnifique, le site est cependant en péril. En 2003, afin de sauver la ville de Saint-Louis de l’inondation, les autorités locales décident en urgence de creuser un canal de délestage de 4 mètres de large à travers la langue de sable. L’idée est que les eaux de crue du fleuve puissent plus facilement se jeter dans la mer. Grave erreur. Le chenal qui coupait la langue en deux n’a pas été stabilisé et s’est rapidement agrandi, jusqu’à mesurer aujourd’hui presque 2 km de large. La mer pénètre de plus en plus frontalement dans l’estuaire, qui s’ensable et dont les rives s’érodent. L’impact écologique et humain s’annonce catastrophique : îlots et mangroves menacés de disparation, nappe d’eau douce impropre à la consommation… Et ironie du sort, la ville de Saint-Louis elle-même n’est pas à l’abri d’une inondation! A moins d’un miracle, la langue de Barbarie telle que je l’ai découverte fera bientôt partie de l’histoire ancienne. 

Nous rentrons ensuite déjeuner chez Moussa, avec toute la smala familiale. Devant aller à Dakar pour travailler, nous rentrons finalement ensemble avec un taxi privé qui me dépose sur le perron des Drevon. Pour une nana fauchée, ça, c’est la classe ! Conclusion : je dois beaucoup à Moussa. Il a clairement sauvé mon trip, le rendant magique et intense au lieu que cauchemardesque et catastrophique. Après tout ce n’est « que » de l’argent. J’espère au moins qu’ils en feront bon usage !                                             

Friday, January 16, 2015: as I had already paid a tour to visit the Barbarie Tongue before all my money got stolen, we go to the tourist office when it opens to let Moussa get my money being the budget for the visit and he suggests me a great compromise: thanks to his friends and network, let’s see a bit less and cheaper allowing me to save money to go back to Dakar by bus. So we end up spending a wonderful morning at the Barbarie Tongue. This national park is a set of dunes, the tongue itself measuring about 30 kms long and 150-400 m wide. The site is astonishing but unfortunately at risk. In 2003, to save St. Louis city of flooding, the local authorities decide to dig an emergency 4 meters wide shedding canal across the sandbar. The idea is that the river floodwater can flow easier into the sea. Big mistake. The channel dividing the tongue into two has not been stabilized and grew rapidly measuring now nearly 2 kms wide. The sea penetrates more frontally into the estuary, making it more sandy with eroded banks. The ecological and human impacts appear to be catastrophic: mangrove and islands at risk, unhealthy drinkable water and so on… Ironically, Saint-Louis city itself is not protected against a flood. Except a miracle, the Barbarie Tongue like I saw it will be part of old history soon. 

Then we have a yummy lunch at Moussa’s, with his whole family (rice and fish of course:) ). As he also has to go to Dakar to work , we finally head back together in a private taxi dropping me off right in front of the Drevon’s. For a broken girl, that’s unbelievable! Conclusion: I owe a lot to Moussa. He clearly saved my trip, making it magic and intense instead of nightmarish and catastrophic. After all, it is “just” money. At least, I hope they will make a good use out of it!

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